Victory & Indian

 

 Rassemblement Européen 

 

en Autriche

Le premier rassemblement européen Indian-Victory est organisé, le weekend du 21 au 24 juin, par Gunther Draxler, président du Victory Riders Austria et son équipe.

Outre les autrichiens, les participants viennent d’Italie, d’Angleterre, de Norvège, de Finlande, d’Allemagne, de Suède, de Suisse, de Tchéquie, de Russie, de Biélorussie et bien sûr de France.

Quelques 150 participants environ vont sillonner les routes de la région du Steiermark (Styrie) en Autriche, pays d’environ 9 millions d’habitants, à quelques encablures de la Slovénie, de la Hongrie et de la Slovaquie.

Trajet aller

Partis de Paris, nous rallions notre lieu de villégiature en 2 jours. En Allemagne, les autoroutes sont en chantier et de nombreux bouchons nous retardent. 

Ceci dit, elles sont gratuites, contrairement aux autoroutes françaises, tout aussi embouteillées, mais surtout très chères. Les pauses, tous les 200 km environ, sont synchronisées avec les nécessaires ravitaillements d’une Rocket 3, de chez monsieur Triumph, qui nous accompagne dans ce lointain périple. A Munich, terme de la 1ère étape parcourue environ en 10 heures, pauses comprises, 850 km sont inscrits au compteur. Nous nous régénérons avec un dîner diététique et ne buvons que de l’eau !

Le 2ème  jour, en Autriche, c’est un peu galère car les autoroutes sont ici aussi très fréquentées et la typologie du réseau routier change. Ce pays montagneux compte de nombreux tunnels atteignant parfois une dizaine de kilomètres, à l’intérieur desquels il règne un bruit d’enfer et une température parfois supérieure à 40 °c. Nous payons une taxe de 5, 50 euros pour 10 jours de circulation, mais le passage de certaines portions autoroutières est aussi payant. Après avoir retrouvé d’autres groupes de « migrants » venant aussi de France et d’une lointaine province appelée Bretagne (connaissez-vous ?), nous arrivons enfin à Laubegg, près de Ragnitz, à l’Est de Graz.

Le site d’accueil

Nous logeons au château de Laubegg, propriété du centre de formation et d'emploi de la Croix-Rouge de Styrie. Cet ancien site épiscopal accueille également une maison de retraite et certains de ces locaux sont affectés à des activités évènementielles.

On y sert des petits déjeuners gargantuesques, comme seuls les teutons et les britishs savent les préparer. L’omelette côtoie la saucisse, le jambon et le fromage. Les afficionados des tartines beurrées et des céréales ne sont pas oubliés pour autant, tout comme les consommateurs de fromage blanc et autres crèmes onctueuses du même genre.

Le soir, c’est un buffet à l’Autrichienne qui est proposé. Je sais déjà qu’en raison de l’apport calorique de ce type d’alimentation destiné à des bucherons canadiens, je vais me faire insulter par mon pèse-personne dès mon retour.

1er jour du rassemblement

Le raid du jour comporte un peu plus de 220 km à parcourir. Le départ est donné à 9h00 dans une organisation et surtout une discipline toute germanique. 

Gunther et son épouse ouvrent la route, escortés par une équipe de sécurité qui va faciliter notre progression au prix de certaines situations assez chaudes. Sans contestation, ces voltigeurs savent manier le manche. La pluie nous maintient au frais durant les premiers kilomètres en direction de la « Felber Schocoladen » de Birkfeld, tout va bien !

La visite de la fabrique de chocolat confronte chacun d’entre nous au pécher de gourmandise. Le petit train qui transporte les chocolats de dégustation se fait braquer sur la table et délester de son contenu. Dans un autre registre, celui de l’élégance, ce sont indéniablement les représentants du Breizh Riders qui remportent, haut la main, le concours de charlottes.

Le taux de glycémie au plafond, nous prenons la direction du lac de Teichwirt. Depuis la « Felber Schocoladen », il faut au moins vingt interminables minutes pour rallier notre destination. Le déplacement est difficile sur d’excellentes routes et la météo défavorable en raison notamment de l’absence de pluie et d’une température d’au moins 18°c. Ce parcours de liaison nous oblige à puiser dans nos réserves. Compte tenu de ces conditions de roulage épuisantes, un déjeuner copieux s’impose, nous avons frôlé l’hypoglycémie !

Le site est magnifique et il règne une ambiance champêtre dans la « LatschenHütte », immense hutte de bois. Le parkage des motos réalisé au cordeau, il est temps de reprendre des forces après ce parcours de liaison harassant. Le repas est de qualité et la bière coule comme un plaisir simple.

Un prêtre, grand motard devant l’éternel, ne manque pas de bénir nos machines. Je dirais qu’il s’agit là d’une sage précaution compte tenu du nombre de futs de bière mis en perce. Ils pensent à tout ces autrichiens !

Repus, nous reprenons notre périple vers le camp de base, sur les routes d’une région rurale, au milieu des vignes et des vergers de pommes.

Dans le respect de cette rigueur germanique, chère aux organisateurs, nous sommes à l’heure pour l’apéro qui précède le buffet du soir.

Les relations internationales se développent toujours selon un protocole parfaitement codifié, autour d’une table, mais surtout derrière un verre de bière.

2ème jour du rassemblement

Dès 9h00, les pots d’échappement crachent le feu. Le parcours prévu est plus court que celui de la veille, nous partons pour environ 140 km. 

Les routes, sont « viroleuses » à souhait et c’est un vrai plaisir d’inscrire la moto sur l’angle, dans la sérénité la plus totale du fait de la qualité de la chaussée. Les paysages de moyenne montagne sont magnifiques, la journée commence bien.

Château de Riegesburg

Nous arrivons au château de Riegesburg. Quelques écrits le désignent dès 1122 comme la forteresse la plus solide de la chrétienté. Il fût une place forte de première importance durant les guerres austro-turques (16è – 17è). Perché sur un volcan à 482 m d’altitude, il abrite une magnifique chapelle gothique. 

Pour y accéder, vous avez le choix entre un chemin de randonnée, une « via-ferrata » et un funiculaire. Sportifs de haut niveau et n’écoutant que notre courage, nous optons pour le funiculaire.

Après la visite agrémentée de quelques rafraichissements (toujours les relations internationales), nous prenons la direction de la « Kamel Wirt » de Ratschendorf.

La liaison se fait dans d’excellentes conditions sur des routes toujours aussi agréables. Notre arrivée déclenche la curiosité des autochtones portant un grand intérêt à nos mécaniques. Un seul petit bisou (à cause de l’haleine m'a dit le principal intéressé) aux chameaux de la ferme et il est temps de passer à table pour un repas toujours aussi diététique.

Et les soirées !

Elles sont aussi animées que les journées. Nous échangeons avec les différentes délégations étrangères, d’abord gestuellement, puis après quelques hectolitres de bière, verbalement. De plus, le traducteur sur place parle 5 langues et contribue énormément avec une grande patience et une grande gentillesse à ce rapprochement des peuples (merci Philippe).

Des orchestres traditionnels assurent l’ambiance et la piste de danse s’anime. La dernière soirée du rassemblement, le président du Victory Austria prononce un discours empreint d’amitié pour remercier ses hôtes. Des prix sont remis aux participants de chaque pays ayant parcouru le plus de kilomètres pour venir. En retour, les différentes délégations offrent de petits cadeaux symboliques pour sceller, s’il en était encore besoin, cette amitié entre « Victorindianers » européens qui fût le fil conducteur du rassemblement. 

C’est sans aucun doute, le Breizh Riders, qui réussit le mieux cet exercice de savoir-vivre, avec un discours élogieux et un présent à l’attention de l’équipe organisatrice qui reçoit d’ailleurs une « standing-ovation » de la salle.

Le retour

Le lendemain sonne le moment du retour après les traditionnels et sincères remerciements aux organisateurs pour tous ces bons moments. 

Nous flânons encore un peu sur le territoire autrichien en empruntant le col de Gaberl, situé à 1550 m d’altitude environ. L’attelage Franco-Portugais attire l’attention des consommateurs en terrasse qui sont pour la plupart des motards venus faire la montée du col, la poignée en coin. Encore une fois, la vue, les paysages et la route sont magnifiques.

Deux jours plus tard, nous sommes arrivés à bon port après avoir parcouru environ 3200 km depuis notre départ et consommé autant de bière que d’essence. Fourbus, nous n’avons cependant qu’une envie, celle de recommencer, peut-être en France, dans deux ans semble-t-il ?

Un peu d’Autriche

Née de la scission de l’empire Austro-Hongrois en 1918, l'Autriche est frontalière avec la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest, l’Italie et la Slovénie au sud, la Hongrie et la Slovaquie à l’est, l’Allemagne et la République tchèque au nord. Ses quatre plus grandes villes sont, dans l'ordre, Vienne, Graz, Linz et Salzbourg.

Enclavée dans les Alpes qui occupent les deux tiers de sa surface, moins d'un tiers de sa superficie est situé au-dessous de 500 m d'altitude, 40 % se trouve à plus de 1 000 m. Son sommet culminant est le Grossglockner, à 3 797 m, dans le Tyrol Oriental. Elle est traversée sur 350 km par le Danube qui s’écoule également en Allemagne, en Slovaquie, en Hongrie, en Croatie, en Serbie, en Bulgarie et en Roumanie.

Le Nord et l'Ouest sous influence océanique sont pluvieux et venteux. L'Est est plus sec et continental avec des étés chauds et des hivers frais. Le climat régional de l'Autriche est conditionné par sa topographie alpine, avec de grands écarts de température entre deux points géographiquement proche, mais d'une différence altimétrique importante. Le mois de janvier et celui de juillet sont respectivement le plus froid et le plus chaud de l'année, sauf en montagne où règne un léger décalage (février et d'août). En saison froide, à l’Est (plaine), la température moyenne annuelle varie de 0 °C à −2 °C ; à 1 000 m d'altitude, elle tombe entre −4 °C et −6 °C. La température moyenne basse en montagne est de −15 °C. En juillet, à l'Est, la moyenne oscille entre 18 °C et 20 °C et à 1 000 m d'altitude, entre 13 °C et 15 °C.

Pour l'ensemble de l'Autriche, la moyenne des précipitations est de 1100 mm / an, dont 60 % environ en été (avril à septembre). A Laubegg, le climat est continental humide, sans saison sèche (en moyenne 9,9°c / 387 mm de précipitations - Paris 12,3° / 475 mm de précipitations). Les meilleurs mois pour visiter sont juin, juillet et Août.  

Outre, les magnifiques paysages montagneux qui défilent en parcourant cette région de Styrie, sa tranquilité, sa qualité de vie, j’ai été impressionné par sa propreté. Je n’ai pas le souvenir d’un seul papier, d’une seul sac de plastique ou d’une seule bouteille trainant sur le bord de la route durant les quelques centaines de kilomètres parcourus. A faire si vous êtes en recherche de vacances quiètes et sans chaleur excessive.

Posté : 2018 - 07

Photos : Adé et les autres..