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Cheveux et casque de moto

Les cheveux et le casque de moto ne font pas bon ménage, ce n’est un secret pour personne. On s’affranchirait volontiers du port du casque pour les préserver. Mais, les images sur lesquelles on parcourt la route 66, cheveux au vent, déclenchent des réactions épidermiques chez les représentants de notre maréchaussée.

Il serait donc déraisonnable de nous dispenser de cette contrainte, ô combien salvatrice en cas de chute (de moto, pas de cheveux), même si elle est préjudiciable à notre patrimoine capillaire.

En 2015, BMW essaie de sensibiliser les mexicains sur la nécéssité de se protéger la tête avec un casque par une campagne publicitaire originale.

Une belle coiffure, aussi importante soit-elle dans la mise en valeur de l'individu, ne remplace pas le casque.

Une relation compliquée

 

S’intéresse-t-on à ce problème depuis que la gent féminine croît au sein de la communauté des riders et que le brushing devient galette bretonne sous la coiffe textile du casque ?

Pas seulement, car les temps changent !

De nos jours, même le rider viril et tatoué protège son visage avec des crèmes de peau et ses cheveux avec des shampoings qualitatifs.

Efforts inutiles pourrait-on penser, en raison des inéluctables stigmates que l’âge dépose sur nos corps de rêve, que le houblon avec l’entrecôte et les frites façonnent patiemment, ou depuis l’utilisation courante du chapeau !

En partie seulement, car l’intérêt des cheveux réside aujourd’hui dans « le soin et la beauté », du même nom que le rayon de supermarché qui fait le bonheur des distributeurs, tout autant que celui des consommateurs.

Pourtant, depuis Bruce Willis, Fabien Barthez ou encore Sinead O' Connor, la « chauvitude », avec ou sans muscles, séduit aussi. On devrait d’ailleurs l’expliquer à ceux d’entre nous qui font des efforts, aussi coûteux que désespérés, pour conserver une moumoute délabrée par le biais de moult artifices qui accentuent le regard d’autrui sur leur complexe capillaire.

Peut-être pourrions-nous essayer d’atténuer ce complexe en rappelant l’illustre Pierre Desproges promouvant les qualités intrinsèques des chauves, dans un délire libertin, par cette rime aussi imparfaite que synthétique : « calvitie précoce, éjaculation féroce ». Et les chauves de petite taille ! Ne pourraient-ils se réjouir d’éviter des cheveux qui sentent des pieds ?

De plus, injustice de la nature ou conséquence de l’hygiène de vie au sens large du terme incluant les facteurs de stress et de la pollution, 70 % des hommes perdent leurs cheveux contre seulement 40 % des femmes, sans que le casque ne puisse être incriminé. C’est pourtant paradoxal lorsque l’on sait que ce sont les brushings, les couleurs et autres attentions plutôt féminines à l’égard des cheveux qui les agressent régulièrement.

Bref ! Quels que soient notre sexe et notre rapport à notre chevelure, il est incontestable que si cheveux et casques passent parfois leurs vacances ensemble, c’est au prix d’une relation compliquée du style « je t’aime, moi non plus ».

Car les spécialistes reconnaissent qu’en fonction de sa fréquence et de sa durée, le port du casque peut affecter le cheveu de différentes manières. Ceci en raison de l’environnement clos, correspondant au volume intérieur du casque, dans lequel le cuir chevelu chauffe, transpire, subit des frottements et des compressions.

Mais entendons-nous bien avant de poursuivre ! Il ne s’agit pas ici de remédier ou de lutter contre l’alopécie aux formes diverses et variées, tout comme ses causes d’ailleurs, dont la principale relève de l’hérédité. Il s’agit uniquement de mettre en exergue la relation « cheveux & casque », afin d’éviter d’altérer davantage les caractéristiques physiques de notre héritage capillaire.

Types d'agression

 

Dans ce cadre, les agressions sont toujours extérieures et de deux types.

La chaleur est la première et principale de ces causes.

Elle ouvre les écailles qui forment le bouclier protecteur du cheveu. Une fois les écailles ouvertes, la transpiration, le manque de propreté interne du casque, les produits chimiques entrant dans la composition de la coiffe ou utilisés pour son entretien deviennent des éléments agressifs, qu’ils soient bactériologiques ou chimiques. Ces éléments s’attaquent alors à la racine, au bulbe et à la kératine*, ce qui peut entraîner la cassure du cheveu et donc sa fragilisation.

(*) La matière première du cheveu est composée à 85% de Kératine. Protéine naturelle constituée d'acides aminés conférant aux poils, cheveux et ongles leur solidité, la kératine est constituée de cellules mortes qui remontent en permanence vers le follicule pileux.

Et comme la chaleur, quelle qu’en soit l’origine (sèche-cheveux, soleil, etc.) est la principale cause d’altération des écailles du cheveu, dans notre cas, il n’est pas nécessaire d’avoir fait Saint-Cyr pour comprendre que le port du casque en été, lors de longues balades, constitue une agression capillaire massive.

Prolongé et répété, le port du casque est aussi, quelquefois, à l’origine d’une surproduction de sébum*.

(*) substance grasse sécrétée par les glandes sébacées qui contribue à la bonne santé du cheveu et le préserve des séchages excessifs et les cassures.

 

Cette surproduction, concomitamment avec une transpiration excessive, génère des cheveux gras. Et le gras est l’ennemi numéro un du cheveu nous explique Carole Huyvenaar dans un article traitant déjà du même sujet en 2016.

Le centre Clauderer, spécialisé dans le diagnostic capillaire et les traitements anti-chute des cheveux, y va aussi de son petit commentaire.

Il explique qu’en surproduction, le sébum qui est naturellement produit pour protéger le cheveu, peut alors stagner à l’intérieur des follicules pileux plutôt que de s’évacuer vers l’extérieur. Et sa présence à l’intérieur des follicules pileux va empêcher la racine du cheveu de se nourrir normalement.

A l’inverse, quand il n’y a pas assez de sébum (lorsque l’on emploie un shampoing trop détergent par exemple), le cuir chevelu réagit en produisant davantage de sébum. 

C'est donc le chat qui se mord la queue me direz-vous ! Rassurez-vous, un shampoing doux fera l’affaire, s’il est approprié au type de cheveux (sec, normal, gras) et s’il nettoie sans décaper, surenchérit Carole Huyvenaar.

La deuxième cause d’altération des cheveux est mécanique.

Elle résulte de la compression et de la traction exercées par le poids et les mouvements du casque sur notre tête qui, de facto, vont entraîner la chute des cheveux les plus fragiles.

Les plus résistants, quant à eux, sont susceptibles de casser et donc de se fragiliser. Rien d’étonnant à cela puisque l’on sait déjà qu’un brossage un peu appuyé peut fragiliser ou faire tomber les cheveux les plus fragiles.

Enfin, une autre cause mécanique de l’altération est notre propension à laisser les cheveux longs dépasser du casque. Ils vont alors sécher, se nouer et casser.

Les bonnes attitudes

 

A partir de ce constat on peut déjà déterminer ce qu’il est possible de faire, ou de ne pas faire, afin de préserver notre champ pelliculaire, ou du moins, ce qu’il en reste.

Concernant le casque

Dans le difficile, mais souhaitable, il apparaît nécessaire de rouler avec un casque très bien ventilé pour éviter la montée en température qui, soit dit en passant, peut aussi échauffer les esprits.

Il serait également judicieux d’éviter les frottements de la coiffe sur le cuir-chevelu, ce qui implique un parfait ajustement du casque et donc le choix de la bonne taille.

Son entretien doit être régulier avec des produits non agressifs. Ainsi, de fréquents nettoyages au moyen d’une brosse et d’un produit comme le savon de Marseille sont-ils conseillés, suivi d’un séchage d’au moins deux jours à l’air libre.

Si vos mousses sont démontables, vous pouvez les mettre dans la machine à laver, à l’intérieur d’une housse de lavage pour éviter de les user contre le tambour, à condition qu’aucun élément en cuir n’entre dans leur composition. Il est impératif d’utiliser une lessive douce, prévue pour la laine par exemple et de régler votre programme sur un lavage « délicat », à 30° au maximum.

Il existe peu ou prou de produits spécifiques pour le nettoyage interne du casque. Je ne sais s’ils sont réellement plus efficaces qu’un savon, mais en contrepartie, ils sont beaucoup plus onéreux. Mais, si l’un d’entre eux vous convenait, « why not » ! Soyez simplement suffisamment lucide pour ne pas confondre désodorisant et désinfectant.

Concernant les cheveux

L’adaptation de la fréquence des shampooings peut résoudre le problème des cheveux gras, mais peut également accentuer le graissage (du cheveu pas de la chaîne). Pour mémoire, les spécialistes ne préconisent qu’un ou deux shampoings hebdomadaires. Un produit au pH* neutre est donc impératif si l’on dépasse cette fréquence.

(*) Le pH, symbole de « potentiel hydrogène » d’un produit, est un indicateur sur l’acidité au sens chimique.

En outre, une protection des cheveux avec un bandana, une cagoule, une coiffe en satin ou en soie peut vous aider, notamment pour éviter l’électricité statique générée par les frottements.

Une coiffure adaptée, comme des tresses ou des cheveux longs attachés, en évitant toutefois les élastiques qui malmènent la fibre capillaire et les écailles, est susceptible d’atténuer les dégâts. Optez pour le chouchou, même les tatoués !

Enfin, il faut mettre les cheveux à l’abri dans le casque car lorsqu’ils flottent au vent, ils s’emmêlent, s’abîment et cassent comme nous l’avons vu précédemment. Vous pouvez également les protéger avec le col du blouson, un tour de cou ou une écharpe. Le blog "Les bikeuses" vente l’efficacité d’un dispositif de protection appelé : Hightail-Hair.

Les mauvaises habitudes

 

Mettre les gants dans son casque car cette pratique souille la coiffe avec toutes les impuretés que vos gants amassent tout au long de vos différents périples.

Faire sécher les mousses de la coiffe au sèche-linge car elles pourraient rétrécir et en ce cas augmenter les frottements. De la même façon, ne pas les faire sécher au soleil pour éviter que la couleur ne passe sous l’effet des rayons ultra-violets qui altèrent également la qualité des mousses.

Frotter exagérément les éléments de la coiffe lors du nettoyage afin d’éviter de les user ou de les déformer.

Enduire ses cheveux de gel avant de mettre le casque car le mélange avec la transpiration donne un aspect peu « ragoutant » à votre coiffure et souille votre coiffe de casque. Un spray de coiffage pourrait éventuellement redonner forme humaine à votre « gloubi-boulga » une fois le casque retiré.

En conclusion

 

Voilà ! j’espère que vous avez compris par le biais de ce post, que la persistance de nos atours capillaires et pileux relève davantage des faveurs de la nature, parfois injuste avec certains, que du port du casque.

Cependant, afin de préserver ce bien commun, durant une période plus ou moins longue, nous pouvons mettre en œuvre les mesures simples que nous avons évoquées pour éviter que le casque ne devienne le facteur aggravant. Du moins, pour celles et ceux qui se préoccupent de leur apparence.

 

Personnellement, j’ai renoncé ! J’ai compris que certains cas sont des causes perdues et que parfois l’infortune devenait une chance. Je me suis lancé dans un casting pour la publicité du fromage « Chaussée aux Moines ».

Pour autant, les chauves peuvent s’intéresser à l’essentiel de ce post, plus particulièrement nos poilus à longue barbe, dont l’entretien nécessite aussi une attention de tous les instants et des soins réguliers.

Je leur déconseille cependant de mettre leur barbe à l’abri dans le casque, il parait que cela ne facilite pas le pilotage.

Certains ont essayé, mais ils ont eu des problèmes !

Yfor 2021-08